Outremonde

20 août 2017

Le chiffroscope (plus de copyright Canal Plus, cela n'existe plus)

 On arrête ici les comptes, les filles nous ayant quitté. Le trajet final n'aura plus l'allure du deuxième road trip familial que nous venons de mener à bien et dont voici la synthèse chiffrée.

 

 

Nombre de kilomètres de route : 4335 jusqu'à Strasbourg

plus quelques uns en Alsace et 490 km qui restent "nach Paris"

Soit 5000 Km au total

 

Nombre de pays traversés : 11 

on compte les 15 minutes sur l'autoroute suisse, pas de petit profit

 

Nombre de frontières passées  :  14

avec le record de 4 frontières / 5 pays en une demi-journée (Lichtenstein, Autriche, Suisse, Allemagne, France), le 18 août

  

Nombre d’étapes : 14

 

Nombre de monnaies utilisées : 6

 

Nombre de langues parlées (enfin on s'est pas trop foulés en même temps) : 8

 

Nombre de jours de pluie : un demi, ça reste constant avec le road trip aller

 

Nombre de litres d’eau consommés : indéfinissable

 

Nombre de litres de bières bu par Monsieur Papa ET mademoiselle Morgane : indéfinissable

 

Chanson la plus chantée dans la voiture par les filles: Il faut qu'on ose, de Dub Inc, remastérisée par Morgane

 

Nombre de personnes heureuses : 3,5 (pour Sandrine, on ne peut compter que la moitié...)

 

Nombre de visiteurs (cumulés) du blog : 250

 

Merci à tous

Pour la version orale du voyage, cela se passe à la maison, dès que vous avez envie de prendre un café ou plus... 

merhaba (turc)

добре дошъл (bulgare)

bine ai venit (roumain)

üdvözlet (hongrois)

vitame vás (slovaque)

willkommen (autrichien)

vítejte (tchèque)

herzlich willkommen (allemand, donc lichtensteinois aussi)

welkomma (alsacien)

bienvenue (français)

 

 

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Au pays des Audi, comme dans (presque) tous les pays

La petite surprise du voyage, c'est le dernier pays que nous découvrons. Nous n'avions pas prévu d'y aller, mais l'idée de passer par Constance, puis la forêt noire emporte le morceau. Logiquement, la porte du Lichtenstein (on évite la terminaison en "stan", sinon, on n'y arrive plus) venait de s'ouvrir.

Tout est dit

On y passera une soirée et une nuit dans un Air Bnb aux accents locaux : un grand et beau chalet de montagne, avec des pièces sombres et des draps humides. L'hôte est sympa et il ne semble manquer de rien : il a fait construire une piscine naturelle, mis un lit à baldaquin dans son jardin et une extension de son chalet abrite un vrai bar perso en face duquel il a deux saunas. On trouve, négligemment jetés dans un coin, des vielles raquettes de badminton, une chicha avec 6 embouts et des lunettes de réalité virtuelle. On sent le gars qui sait vivre... et qui en a les moyens.

Le Lichtenstein, presque en entier

C'est le second effet marquant de ce minuscule pays (20 km sur 8 en gros) : outre qu'il présente une visage charmant d'alpage parfait, il est habité par des gens qui ont clairement un pouvoir d'achat très élevé. Ici, pas d'immeubles cage à lapins, que des maisons individuelles. Pas de motocyclette pétaradant dans les rues, que des berlines et des 4x4 avec un taux de voiture aisées de 60 % (estimation à la volée, depuis le resto très cher aussi). Et le concessionnaire champion est incontestablement Audi : nous n'avions jamais vu autant d'anneaux entremêlés défiler devant nous, si ce n'est durant les JO.  

Alors on pourrait avoir un rejet, un peu comme si des ch'tis débarquaient à Monaco. Mais on reste séduits devant le château qui abrite la famille princière et qui est tout en simplicité (pour un château princier), par la taille minuscule de Vaduz (3 500 habitants) et par la quiétude que les lieux nous inspirent. Traverser l'Europe, fendre les foules estivales sos des chaleurs de plomb et arriver au Lichtenstein pour s'y pauser, c'était finalement une très bonne idée.

 

Le château princier

Twins dab

On quitte ce petit paradis argenté le lendemain matin pour notre dernière journée en famille. On file vers l'Autriche, mais le GPS nous tire vers la Suisse. Je cède au GPS et on franchit donc la frontière suisse, non prévue. Le douanier, qui parle 4 langues au moins, me demande si j'ai du tabac ou de l'alcool à déclarer. Je pense rapidement à notre valise rouge emplie des apéros et digestifs que les déménageurs n'ont pas pris. On y a ajouté une bouteille de rouge de Slovénie offerte par les potos, et quelques autres glanées le long de la route. Au bas mot 20 boutanches. Je réponds : "rien". Le douanier est content et nous laisse passer. 

Ferme suisse

On file vers Constance où nous aurons un déjeuner sur les rives du Lac : sublime. On poursuit vers la forêt noire et sa route sinueuse avec des camions. Sandrine regarde dans les sous-bois, histoire de voir si Hansel ou Gretel ne vont pas pointer le bout de leur nez. On débouche finalement dans la plaine d'Alsace et on traverse le Rhin, à rebours des fiers Dragons de Noailles, pour rejoindre les faubourgs strasbourgeois. Les gros nuages qui menaçaient depuis une heure déjà lâchent leurs premières gouttes. Nous avons à peine le temps de sortir les valises. La pluie tombe. Bienvenue en France.

Restaurant Riva

 

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Ein Volks(wagen), ein Weis(beer), ein fureur

Nous abandonnons Prague un beau matin ensoleillé et prenons la route du Germanistan, direction Munich. Un peu en avance sur l'Oktoberfest, dont les affiches s'étalent ci et là dans la ville, montrant des blonds en culottes de peau et des blondes avec des grandes tresses, nous nous posons dans un hôtel à 500 m du centre ville. Accueil irréprochable, chambre irréprochable, Das chambre, quoi!

L'élégance bavaroise

Un soir d'été à Munich

On a quand même la surprise, sur le court trajet qui nous mène vers nos spätzle et notre weisbeer, de replonger en orient, le temps d'une rue. En effet, celle de notre hôtel est truffée de restaurants turcs ou arabes et les odeurs qui s'emparent de nous sont celles des kebabs (les vrais...) et des chichas. Tu veux quitter l'orient, mais il te rattrappe.

La ville est plutôt peu animée pour un soir d'été, sauf la Marienplaz et les rues alentours et la fatigue aidant, on ne traîne pas longtemps. Idem pour le lendemain matin : on ne fait que déambuler dans le jardin botanique (une splendeur) et passer faire une photo rapide devant le stade du Bayern, pour un jeune aficionado. Et puis c'est la route de Salzbourg, histoire de retrouver des potos.

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait végétal

Portrait animal

On reprend donc les autoroutes allemandes, fameuses pour leur absence de limtation de vitesse. D'abord ce n'est vrai que sur certains tronçons, d'autres étant constellés de limitations changeantes tous les 100 m, ou presque, de 120 à 80 km/h. Outre que cela entraîne des coups de frein marqués, on ne comprend pas bien à quoi cela sert. Ensuite, les autoroutes allemandes ne font pas exception à la règle des autoroutes en été dans les pays traversés : elles sont toujours en travaux. Sandrine estime que les conditions hivernales étant souvent rudes, ces travaux ne peuvent avoir lieu que l'été. La prochaine fois, je demanderai à être muté en janvier pour que nos road trips soient plus simples... Alors il est vrai que sur les tronçons qui ne sont pas en travaux et qui ne sont pas limités, la vitesse est libre. On voit donc régulièrement arriver dans le rétro des bolides allemands qui jouent avec les 200 km/h. On se pousse et on laisse passer.

Tel celui qui, avec sa grosse BMW, m'a doublé près du lac Chiemsee, puis est tombé 500 m plus loin sur un ralentissement. Moi-même lancé (modestement avec ma Toyota Corolla quand même) j'ai enchainé sur la file de droite qui n'était pas bouchée. Et l'intéressé de se rabattre brutalement à droite pour m'empêcher de passer, clairement. Quelque coups de klaxons plus loin, je le double par la gauche et voit un homme respectable d'une quarantaine d'années, posément installé dans son énorme BMW, me faire signe de ralentir parce que je roule trop vite...

J'ouvre donc un chapitre sur les mentalités locales. La Bavière est un pays superbe où même les fermes sont plus jolies et mieux arrangées que nos chalets de montagne. Tout est propre, même la campagne et il nous semble que les prés sont tondus tous les jours. C'est pareil das le Tirol. C'est pareil en Suisse. Les gens conduisent très bien et ils laissent toujours passer les piétons (ça nous change de la Turquie). Bon sang, ça ne leur donne pas le droit d'être des moralisateurs! Il se prend pour qui Mister Teuton dans sa grosse cylindrée à me doubler à toute vitesse pour ensuite me faire la morale parce qu'il estime que je roule trop vite. Pareil pour l'autre abruti qui m'a pourri alors que j'étais garé à cheval sur un trottoir vide, le temps que Sandrine prenne une photo, et qui avait douze fois la place pour rouler en toute sécurité sur l'accès au parking : il a crié tellement fort dans sa voiture, de colère, que j'ai crû que j'avais tué quelqu'un. Pareil aussi pour ce Viennois qui trois jours plus tôt m'a lancé des regards courroucés, parce que je me suis arrêté tardivement pour le laisser passer. Tous ces gens outrés, ça me fatigue. Alors je suis plutôt pour une Bavière et un Tirol aussi jolis, mais avec des Roumanistanais dedans.

Le Tirol

On arrive enfin à Salzbourg, dans l'après-midi et on se jette sur la maison de Mozart, située en plein centre ville historique. La ville déborde de touristes, la maison aussi. On y passe donc assez vite et on file se réfugier à l'hôtel, histoire d'attendre un peu au frais les potos. 

Maison natale de Mozart et le peuple

Le reste est une histoire de schnitzels, de bières fraîches et de sous-bocks, qu'il faut rattraper après les avoir culbutés depuis le bord de table. Morgane et Henri font un score remarquable de 31, les autres ne sont pas loin derrière : ils pourraient tous être aixoïsses. J'ai de nouveau confiance en la jeunesse française. Elle nous sauve de l'ordre germanique.

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17 août 2017

Du grognard au soiffard

 

Vienne s'éloigne le matin du 12 août et nous prenons la route de Slavkov, au Tchékistan. Le site que nous allons visiter est mondialement connu pour avoir vu s'affronter trois empereurs dans une des plus mémorables batailles de l'histoire de l'humanité, le 2 décembre 1805. Mais les Tchékistanais ont gardé, pour le désigner, la toponymie locale, Slavkov u Brna, au lieu de la toponymie allemande, que Napoléon a utilisée, Austerlitz.

Et on y débarque avec presque le sentiment d'un voyage dans le temps, puisque le 12 août est le jour de la reconstitution (avec le 2 décembre) de la bataille. Sur le plateau de Pratzen, on trouve donc des grognards accoudés au bar du mémorial, les tentes blanches où ils ont passé la nuit se trouvant à 100 mètres sous le mémorial. Et puis surtout, à Austerlitz même, dans les jardins du chateau où les Russes et Austro-hongrois ont signé la capitulation, on assiste à la reconstitution des mouvements de corps de troupes de cette journée mémorable, en tenue et avec le son des canons et fusils chargés à blanc, mais tonitruants. On s'y croirait et comme on a gagné, on trouve que le spectacle se finit bien...

 

Il fait soif

 

Reconstitution Austerlitz

Reconstitution Austerlitz

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Reconstitution Austerlitz

Reconstitution Austerlitz

 

Deux heures et demie d'une autoroute en travaux plus tard, nous arrivons à Prague et prenons possession pour trois jours d'un magnifique appartement Air BnB, en duplex et aménagé à neuf par un couple de jeunes propriétaires adorables. On se prépare donc à passer notre plus longue étape, trois jours, dans les meilleures conditions.

Prague le soir

Prague le soir

Prague le soir

On y croit jusqu'au lendemain matin quand Morgane, qui a déjà franchi le Yan Tsé Kiang à la nage et pris une photo du Yéti, se décide à boire l'eau du robinet, malgré les consignes des grincheux qui lui servent de géniteurs. Bon là, on a droit à quelques vomissements, des gémissements, des récriminations du genre "j'avais déjà franchi le Yan Tsé Kiang à la nage et pris une photo du Yéti, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas boire l'eau du robinet" ou encore "j'en bois depuis trois jours et ça ne m'a rien fait". Bref tout y passe pour expliquer qu'elle est victime d'un complot trumpo-kimjongilunien pour éteindre l'une des plus grandes consciences de l'humanité et cela se termine par un "je reste au lit ; je vous rejoindrai quand ça ira mieux".

 On part donc en ville, pour de courtes visites, telle que celle du musée de la torture médiévale. Vous verrez quelques exemples de l'imagination débordante des moralisateurs et censeurs de l'époque, qui vont me renforcer dans l'idée "que l'on dit moyen-âgeux et non médiéval"...

Water boarding, par les ancêtres de Georges W Bush

Sandrine l'empaleuse

Viser l'aisselle...

Morgane nous y a finalement accompagné, mais va encore plus mal et comme c'est dimanche et qu'il n'y a pas de pharmacie de garde dans le rayon, j'opte pour les urgences de l'hôpital le plus proche. Malheureux que je suis! J'ai cru que le spectacle de ma fille maladive susciterait un brin de compassion chez des adeptes d'Hippocrate. C'était sans compter sur le bouledogue de l'accueil, qui nous explique en tchékistanais qu'on doit aller voir la huitième fenêtre du second couloir qui, bien que fermée, cache notre sauveur. C'était sans compter ensuite sur ce sauveur, visiblement consanguin depuis plusieurs générations, qui baragouine "Intern" et fait un geste du bras pour nous renvoyer dans un autre couloir. C'était sans compter enfin sur la dite interne, une bonne femme d'une cinquantaine d'années qui doit réaliser sa trente deuxième année d'internat par défaut de compétence et qui nous envoie bouler méchamment, pour défaut de passeport, en roulant les yeux et en levant les paumes vers le ciel, histoire de nous rappeler, comme son cousin germain kapo dans les bains Gellert de Budapest, qu'on est vraiment des crétins des Alpes... Je les maudis tous jusqu'à la génération qui s'éteindra dans tous les cas bientôt, par excès de consanguinité.

On rentre donc penauds à l'appart où Morgane se rétablira finalement d'elle-même en fin de journée. Tout ça pour ça! Je décide donc de me remettre de ces émotions en rejoignant le reste du harem pour visiter le musée de la bière. On y apprend, avant la dégustation de trois bières, que le Tchékistan a eu jusqu'à 1 000 brasseries dans les années 80, qu'il n'en compte "plus que" 200 et qu'il produit donc des milliers de bières endogènes. Je commence à mieux comprendre l'accueil de l'hôpital...

Mon impression est confirmée le lendemain tôt, lors d'un footing matinal, quand je croise un poivrot tous les 500 mètres, dont certains s'adonnent encore à leur activité culturelle de la nuit : se remplir le ventre de gros rouge. Il règne clairement dans la ville une atmosphère de vinasse et de binouse, quand la première impression était celle d'une ville de Bohême qui fleurait le bon vin et la bière finement brassée. 

On passe cependant sur ce sentiment un peu désagréable et on rejoint le quartier historique du château. Changement de décor : des bâtiments superbes, un restaurant trois étoiles (à notre goût exigeant), une cathédrale gothique plus longue que Notre Dame de Paris ; on visite tout cela avec grand plaisir, pour finir par un petit musée local du KGB, qui vaut surtout par son gérant, particulièrement théâtral, et un dernier point de vue en hauteur depuis une réplique de la tour Eiffel. Superbe et plaisant, Prague a vraiment plusieurs visages.

Intérieur de la cathédrale

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Dans la vieille ville

Tu le reconnais, Adil?

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Visiblement le Christ aussi. Puisque lors de la visite de Notre Dame de Lorette, nous le découvrons, stupéfaits, travesti lors de sa crucifixion. On se dit d'abord qu'on a oublié notre vieux catéchisme, puis qu'il ne s'agit pas de lui, avant de tomber sur une peinture qui enfonce le clou, si je puis dire... On en conclut donc que nos dogmes d'Europe occidentale sont plus étroits que ceux de l'Europe centrale. Et du coup, on relativise carrément la transgression de Conchita Wurst, lors de l'Eurovision de 2015 : Jésus l'avait déjà fait 2000 ans avant. Même pour Freddy Mercury, je commence à avoir des doutes...

Troublant,non?

Ce n'est pas un hasard...

 

 

 

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16 août 2017

La grande bourgeoise

N.B : retour en arrière de quelques jours pour combler les trous du blog!

 

Nous passons rapidement par Bratislava, capitale du Slovakistan, dont le centre historique est celui d'une petite ville de province en France, mais avec un certain cachet, typique de toutes les capitales de la région. Le seul point notable de cette courte étape réside dans le fait que nous sommes restés bloqués dans l'ascenceur antédiluvien du parking ultramoderne (va comprendre Charles!). Le secours d'un technicien du parking, visiblement habitué à intervenir, nous permet de sortir entre deux niveaux. Sandrine adore... 

On fait quand même une pause devant l'ambassade de France et quelques arrêts dans les rues.

 

Devant l'ambassade de France

Façades bratislaviennes

Statue en hommage aux égoutiers

Twins dab

 

 

Mais notre objectif de la région était la grande Vienne toute proche, en Autrichistan. Dès notre entrée en ville, nous sommes saisis par la classe de cette ville, qui sublime le modèle architectural déjà rencontré à Budapest ou Bratislava. Ici, tout n'est que bâtiment en pierre de taille, dont les façades sont réhausssées d'encorbellements. Et quand on dit tout, c'est tout : nous avons parcouru des dizaines de rues dans le centre et il est rare de tomber sur un immeuble qui ne soit pas dans ce style Art Nouveau, appelé ici Jugendstil. Comme les rues sont très propres, que le soleil brille et que les restaurants sont très bons, forcément, Vienne nous marque.

Centre de Vienne

centre de Vienne

D'autant que nous en faisons notre pause culturelle : concert de Mozart dans la salle époustouflante du Muzikverein, visite de Schonbrunn et représentation le dernier matin de l'Ecole espagnole d'équitation de Vienne : tous les sens sont comblés. On retiendra de  ces événements l'accoustique du Musikverein, grâce à laquelle l'orchestre philarmonique a joué sans micro, pour près de 700 personnes. Puis la sobriété relative, sans perdre en prestige, des salles du palais de Schonbrunn qui a hébergé les Hasbourg (et Sissi) des siècles durant. Enfin, l'excellence des dresseurs et des lipizzans de l'Ecole espagnole qui (avis d'experte maison qui s'y connaît un tantinet, après la représentation, encore émue) n'ont pas d'équivalent dans le monde, pas même au Cadre noir de Saumur. Il est vrai que le dresseur vedette nous a proposé une série d'exercices (passage, piaffé, allongement, pirouette, appuyés et changement de pied au temps) avec une seule main sur les rênes, la seconde tenant ostensiblement en l'air une cravache en bois naturel, qu'il n'a bien entendu jamais utilisée. Du très grand art.

Devant Schonbrunn

Derrière Schonbrunn

Devant l'Ecole espagnole

Le manège intérieur

 

Nous avons fini cette plongée dans la capitale culturelle mondiale du début du XXème siècle par la visite de l'atelier de Gustav Klimt, dans une petite rue un peu excentrée. Sympa à faire, d'autant qu'une série d'esquisses de sa main sont présentées au mur (souvent des femmes nues, c'est Klimt quand même) et qu'elles sont superbes.

Nous l'avions commencée l'avant-veille par la contemplation d'autres corps dénudés, dans la cathédrale. Autorisés à monter en haut de l'échafaudage qui permet la restauration du dôme, nous avons ainsi pu admirer les peintures d'habitude si lointaines : anges potelés, vierge éplorée et Jésus, que nous n'avions jamais vu de si près en son dôme...

 

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15 août 2017

Dachau KZ

Certains moments du voyage sont plus intenses que d’autres. Ce ne sont pas toujours les plus joyeux.

 

Notre passage près de Munich nous a évidemment conduits à Dachau, pour poser le pied et le regard là ou des hommes et des femmes ont été dépouillés de leur humanité, par des semblables qui en avaient décidé ainsi. La règle d’or du camp était : « la tolérance est une faiblesse ». Je pense exactement le contraire : elle est une force.

 

Peu d'autres commentaires, si ce n’est que nous avons tous été impressionnés. L’horreur froide est palpable, bien que Dachau n’ait servi « que » de camp de concentration (KonZentration), pas d’extermination. 

 

Le travail rend libre

"L'arrivée" dessinée par un prisonnier

Les fondations restantes des baraques de prisonniers

Un four crématoire pour incinérer les morts

La zone de tir à vue

Sculpture de Nando Glid représentant des "prisonniers barbelés"

Svastika humaine

 

 

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11 août 2017

Mille soleils splendides

On passe la matinée à arpenter Buda, la vieille ville sur la colline à l'Ouest du Danube. C'est comme de l'autre côté, à Pest, sauf que les bâtiments, la structure des rues et l'atmosphère nous ramènent un peu plus en arrière dans le temps. On se voit dans le Moyen-âge tardif, avec des maisons bien alignées et la foule qui va vers le temple.

Celui de Mathias est superbe. Ses tuiles vernissées nous font oublier celles de Sibiu, tant elles resplendissent comme mille soleils splendides. L'intérieur est du même niveau : peintures colorées, croisements complexes de voutes gothiques, escalier avec balustrade sculptés dans le marbre ; rien ne manque.

Le haut de Buda

Du haut de Buda

Le temple de Mathias

Croisement d'ogives

On bascule après le déjeuner sur Pest, pour la visite du Parlement. C'est bien organisé, presque trop bien, même. On s'ennuie ferme au ton de la petite voix de la gentille guide qui déballe son boniment avec précision et douceur, pendant 40 minutes. Il est interdit de photographier la salle de la couronne, que des militaires gardent en vérifiant que personne ne déclenche son objectif. Sinon, on imagine qu'ils vont nous capturer, nous parler très fort dans les oreilles avec un accent allemand et nous jeter dans le Danube, pour nous faire passer l'envie de contrevenir aux règles! Cette impression est largement renforcée par le fait qu'ils portent la casquette particulière des militaires de la région : une sorte de calot de cuisinier sur lequel on aurait greffé une visière inclinée vers le bas. Ca, c'est très inquiétant...

Je les ai pris quand même, juste pour voir...

Men in kaki, avec une casquette bizarre

On erre ensuite dans le quartier magnifique de l'église Saint Etienne, passant de parc en parc pour finir par visiter l'église, dont la coupole de toit ressemble beaucoup à celle de l'opéra à Paris. Intérieur très joli encore. Budapest alterne donc les rues superbes et aérées avec des façades sculptées très élégantes et les églises magifiques avec les restaurants branchés : on aime, sans réserve.

Saint Etienne extérieur

Saint Etienne

Pest moderne

Pest moderne

On termine quand même notre petit séjour le lendemain, la route nous attendant. Mais avant de partir, on sacrifie à une curiosité ancienne qui nous pousse à visiter la synagogue la plus proche de notre hôtel, la synagogue de Kazinczy. C'est notre première, nous qui avons tant traîné nos galoches dans les églises et autres mosquées. Le vieux monsieur à l'entrée nous donne très gentiment quelques repères de son histoire pour dire qu'il n'y a plus peronne et qu'avant, c'était le bon temps. Puis on déambule seuls, dans la salle centrale, dont l'Architecte a décidé qu'elle serait essentiellement décorée par des Menorah, les chandeliers à sept branches. Il y en a en peinture sur les murs, en bougie sur des stèles et en bois dans la zone du prêche. Tant de chandeliers donnent à Morgane une irrépressible envie de danser à la mode de Rabbi Jacob...

Décor général

Chandeluuuuu!

Chandeluuuuu encore!

Rabbi Morgane

 

 

 

 

 

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07 août 2017

Budapest : la claque !

On se promène comme ça depuis quelques jours, tranquillement, de la côte bulgare à l'arrière-pays roumain, cherchant quelques détails sympas pour saler ces petits billets écrits au gré de l'inspiration, qui varie avec la chaleur, la dose de kilomètres de la journée ou l'heure à laquelle je me décide à me connecter. 

Et puis soudain surgit la capitale du Magyaristan, posée au bout de la plaine, deux heures d'autoroute après la frontière. On entre dedans facilement, toutes les rues convergenat vers le coeur palpitant de ce qui constitue notre première claque du voyage : Budapest.

Autoroute vide

Finies les villes post-soviétiques ou les stations balnéaires à la petite semaine, finies les montagnes à vache et les lacs gnan-gnan au petit matin : nous voici entrés dans le dur. De longues allées tracées au cordeau alignent les bâtiments de type haussmanien ; elles sont entrecoupées dans le quartier juif où nous résidons d'une multitude de petits passages, qui chacun abrite une ribambelle de bars branchés et de restos à thème. Ca circule pas mal en journée, ça grouille le soir, dans une animation rendue encore plus aisée par les températures qui sont redevenues supportables (22°C le matin). On parle toutes les langues, on mange tous les plats, on boit toutes les bières : ça décoiffe.

Et puis vient le Danube. Avec ce fleuve, on sent qu'une hsitoire d'eau va s'écrire...

Pont du Danube

Le Danube

En quelques minutes de ballade, le temps de récupérer quelques Forint locaux (1 000 pour 3 euros, quand même!) et un pass touristique, on tombe sur l'opéra central, superbe, sur plusieurs synagogues où les gens font la queue pour la visite et on égrenne les restos sympas, comme celui qui est spécialisé dans le Hummus.

Une synagogue

Aure face

Spéciale Salomé

C'est dans un resto magyar que l'on décide cependant de faire notre premier dîner : goulash bien sûr et vin rouge hongrois, qui font un excellent assortiment. On a déjà oublié les patates et le lard du Roumanistan. 

Histoire de s'ouvrir l'appétit, on avait commencé notre découverte de la ville par un grand classique : les thermes de Budapest. Et pas n'importre lesquels Monsieur, les thermes de l'hôtel Gellert. Deux heures et demie à passer d'un bassin à 36°C vers un autre à 38°C, à se glisser sous le jet d'eau chaude et à plonger dans la piscine froide entre deux. La différence avec nos formules françaises? Un cadre tout en mosaïques du style Belle époque, réhaussées par des verrières ajourées au plafond ; une piscine centrale entourée de colonnes ; des fontaines sculptées dont la forme a changé avec le temps, du fait du calcaire qui s'est accumulé au niveau du déversoir. On adore le style et l'atmosphère toute en savoir vivre, même si la majorité des baigneurs est faite de touristes étrangers. 

 

Hall des thermes

Hall des thermes

 

Seul bémol, le peti kapo qui nous sort de la piscine centrale par trois coups de sifflets, chaque fois plus tendus. Il montre du doigt, sans un mot, l'escalier de sortie. On rebrousse donc chemin, pour se voir faire la leçon, toujours en mode Charlie Chaplin, devant le bassin : notre bonhomme pointe du doigt un panneau qui indique qu'il faut un bonnet pour se baigner dans cette piscine, puis il baisse les deux bras, paumes ouvertes vers le ciel, histoire de dire "Alors, j'avais pas raison de vous siffer comme des morveux?".

On vient de faire deux heures de trempette dans tous les bassins des thermes, sans le moindre bonnet de bain et il faut qu'un semi-nazi vienne nous gâcher le plaisir de ses coups de menton ridicules! Il se prendrait pas pour un Allemand le petit magyar? Il doit penser que c'est un titre de gloire que le petit moustachu soit né en son temps dans ce qui était l'Autriche-Hongrie. 

Bon, malgré tout le mépris que son attitude nous inspire, on se rabat sur un autre bassin sulfureux à 35°C : il a de la chance que ce soit lui qui ait le sifflet, quand même! Et puis, on se rend compte une heure après qu'en fait, c'est une tradition magyare que de parler via des regards courroucés et de donner des ordres en sifflant, puisque les soigneuses sifflent la fin de la récré à 19h45, pour nous laisser 15 minutes pour quitter les lieux. On sort les derniers du bassin, histoire de leur faire comprendre que leur copain d'1m12 ne nous a pas fait si peur que ça, et on rejoint les cabines pour se changer. On va finir par croire qu'ils ont un léger côté rigide les Magyar! On espère que nos visites de demain se feront dans un esprit moins carcéral...

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06 août 2017

A Roum, fait comme les Roumains

La descente vers la plaine de Sibiu

A part Sandrine, on passe une nuit bien mauvaise dans la petite pension de Micutul Vrajitor (ne me demandez pas si c'est le nom du patron ou une incantation contre les vampires, je n'en sais rien) : la faute à un voisin qui s'est couché tard et bourré et qui s'est levé plusieurs fois la nuit, soit pour se vider la vessie, soit pour s'aérer le cerveau, soit juste pour bailler très fort, ce qui a entraîné un cri (réaction inhabituelle) de Salomé, exaspérée, au milieu de la nuit : "si tu bailles, va dormir!".

Nous étions donc dans les conditions idéales pour nous lever avant les laudes et aller admirer les premières lueurs du jour sur le lac Vidraru, en plein coeur des Alpes de Transylvanie. Une heure douce, passée avec les filles qui savent que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Une heure à 20°C aussi, qui nous repose bien des chaleurs passées et nous revigore avant celles à venir.

Le monde appartient...

Aurore resplendissante

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On prend ensuite la route qui longe le lac, submergée par les arbres dont la densité assez extraordinaire nous cache beaucoup d'une vue que nous devinons superbe. Puis on s'élève au-dessus de 1 500 mètres d'altitude et les arbres disparaissent. On découvre alors deux vallées majestueuses, sur les flancs Sud puis Nord du massif, et on comprend tout l'intérêt de cette route. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls, puisque de part et d'autre du tunnel sommital, on se retrouve embouteillés, ce qui nous laisse le temps de constater une nouvelle fois l'amour des Roumains pour la charcuterie...

 

Cirque au Sud

Au sommet, marchands de cochonnailles

 

Il faut ajouter, pour ce qui concerne le volet gastronomique, que nous avons un peu le sentiment que la cuisine roumanistanaise tourne autour de trois axes : la saucisse, le cochon en général et la bière. Moi qui ai cherché dans l'année passée à rééquilibrer mon alimentation : "Roumanistan m'a tuer". Je résiste quand même un peu et je réussi le soir même, une fois arrivés à Sibiu, à emmener tout le monde manger dans un excellent resto indien, puis le lendemain à Timisoara, dans un délicieux viêt le midi et un excellent italien le soir. Devant les remontrances de ma femme qui me serine que nous devons manger local, je rétorque que nous mangeons "comme les locaux" : à Rome, fait comme les Romains...

Je vais passer assez vite sur Sibiu et Timisoara, que les circonstances ne nous ont pas permis de bien apprécier. A Sibiu, se déroulait un festival de culture germanique qui attire des milliers d'Allemands, entre autres individus étranges, et la place centrale était couverte de bancs qui nous ont fait penser que nous assistions à l'Oktoberfest.

 

La classe

 

 

C'est pas qu'on soit contre une petite bière, mais là, ça ne collait pas trop avec nos attentes. D'autant que la seconde raison de notre retenue, c'est la météo : 35 à 38°C à Sibiu, 40°C à Timisoara, sans un souffle de vent : nous sommes bien au centre du continent et c'est rude pour les corps. Nous avons donc passé notre temps à chercher un "bar avec clim" pour y récupérer des 100m que nous venions de faire depuis le bar précédent. Les repas au resto, absolumment excellents dans les deux villes, se transforment en cuisson à l'étuvée, mais plus pour nous que pour les aliments. 

C'est dans ces circonstances parfois, que la foi vous revient. Ainsi de Sandrine et Morgane, qui ont répondu à un irrésistible appel spirituel qui les a menéés sur les bancs (frais) de la cathédrale, pour se recueillir. Les voies pour accéder au Seigneur sont toutes bonnes...

 

Cathédrale évangélique

En prière?

 

 

Pendant ce temps, je déniche dans la partie arrière de la cathédrale évangélique une belle galerie funéraire, avec comme souvent quelques pierres tombales qui sortent de l'ordinaire, comme celle-ci, dont le crâne central est tout à fait morbide. 

 

Le sens du détail

 

Ce sera note seule concession (intéressée) à la culture locale.

 

On va donc laisser les carpates et le pays de Vlad Tepes avec le plaisir d'avoir rencontré nombre d'habitants très sympathiques, souvent excellents francophones et partageant un goût pour la bonne chère qui nous rappelle nos racines. Une destination étonnnante, pour nous qui ne connaissions ces gens qu'à travers les faits divers en France.

 

Direction le Magyaristan...

 

Réflexions de haute volée :

Sandrine, avant d'entrer dans la cathédrale : "J'ai toujours cru en Dieu, surtout à 40°C"

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04 août 2017

Au pays du petit dragon

Réveil tardif, PDJ un peu long et échec de la visite au Palatul Primaverii (le palais de printemps des Ceaucescu, dont vous aurez compris qu'ils nous obsèdent), parce que nous n'avions pas réservé le bon créneau à l'avance... La journée sent la défaite. Elle est juste sauvée à ce stade par la visite d'un petit monastère en plein centre de Bucarest : le Stavreopelos. Un bijou dont seules les photos pourront témoigner.

Stavreopelos

Stavreopelos

Stavreopelos

Cloître de Stavreopelos

On fonce quand même au Nord de Bucarest, pour visiter le monastère de Snagov, réputé héberger les derniers restes de Vlad Tepes. Les derniers restes car il a été décapité et sa tête envoyée sécher sur un pal devant la Sublime Porte, contre laquelle il s'était rebellé. Réputé, car les seuls ossements trouvés sur place et analysés étaient ceux de chevaux : à moins de considérer que l'inspirateur de Dracula ("le petit dragon" en Roumanistanais) était un centaure, il est peu probable que ce monastère soit réellement sa sépulture. Peu importe pour nous ; parfois la force des mythes dépasse celle de la réalité.

Je choisis donc, avec l'aide d'un GPS capricieux une route d'accès qui existe peu et qui nous fait traverser une forêt aux airs quasi-enchantés. De la Transylvanie à Brocéliande, il n'y a qu'un pas que la magie a vite fait de nous faire franchir. Malgré le scepticisme très perceptible à bord de la voiture, nous débouchons juste en face de la passerelle qui mène à la sépulture de celui que la postérité a gardé sous le doux sobriquet de Vlad l'Empaleur. Il paraît, toujours la légende, qu'il n'empalait que les aristocrates et qu'il se préoccupait du sort des plus pauvres. Ben voyons! C'est comme si dans cinquante ans Wikitechnosophos (le futur remplaçant de Wikipédia qui naîtra dans trente ans) nous apprenait que Donald Trump distribuait en 2020 ses gains financiers aux pupilles de la nation... 

Le fait est que nous traversons sur cette passerelle le bras de lac qui nous sépare de l'île sur laquelle le monastère est préservé, dans une nature toujours très verte, malgré un soleil d'été qui écrase nos mouvements. On visite le monastère orthodoxe (44.729480, 26.175806 pour les plus curieux), dont les murs peints sont absolument superbes, on glisse une dent de Salomé dans un repli de béton au fond de la soléa, contre le mur Sud et on sort profiter du ponton pour saisir nos filles dans leur délire quotidien.

Arrivée sur l'île

Monastère de Snagov

Intérieur de Snagov

Dôme de Snagov

Twins Dab

Après avoir joué avec la solennité du monastère pour y poser notre obole dentaire, je décide de continuer dans la voie de l'impertinence en apprenant aux filles à marcher au pas cadencé, sur l'air de "Loin de chez nous, en Afrique". Ca pourra toujours leur servir... 

Loin de chez nous, en Transylvanie

Un jeune Roumanistanais plonge dans le lac

On retrouve notre sérieux en rejoignant le périphérique de la capitale, puis on oblique vers le Nord-ouest pour attraper la route Transfagaras, qui va nous permettre, en deux temps, d'enjamber les Carpates du Sud au Nord. On entre clairement dans le coeur de l'Europe et c'est étonnant de voir, juste avant les petits contreforts montagneux, combien les paysages de la plaine du Danube s'apparentent à ceux du Sud-ouest français : des champs de maïs (un peu) et de tournesol (beaucoup), des jolies forêts des tailles variées et des villages plutôt mignons. En pénétrant plus haut dans la vallée, il me semble même retrouver le visage familier de la vallée des Eaux-bonnes, tant de fois empruntée pour rejoindre les stations de ski.

 

On stoppe dans la seule pension qui avait encore une place libre hier au soir dans toute la vallée, après avoir quitté une chenille continue de voiture qui emprunte la même route, mais avec une certaine fluidité. Nul doute que la Tranfagaras, c'est un hit du Roumanistan! La pension nous régale de quelques plats locaux vraiments bons, accompagnés d'une boule de polenta qui trempe dans la sauce. On aime bien et vu le regard de Draculdog, tel que nous avons baptisé le chien de la pension, il doit aussi aimer.

Draculdog

 

 

Réfexions de haute volée :

Salomé, alors que nous évoquons la vision des parents par les enfants : "Ma maman, elle a toujours été vieille"

 

Sandrine qui évoque le couchage du soir : "J'aime bien les pensions"

Moi, dans une réponse élégante : "Cela tombe bien ; tu y finiras tes jours"

 

Morgane, assise dans le monastère de Snagov, un rayon de lumière sur les jambes : "J'ai la cuisse divine"

La cuisse divine

 

Posté par lesbtn64 à 21:22 - Commentaires [2] - Permalien [#]