La petite surprise du voyage, c'est le dernier pays que nous découvrons. Nous n'avions pas prévu d'y aller, mais l'idée de passer par Constance, puis la forêt noire emporte le morceau. Logiquement, la porte du Lichtenstein (on évite la terminaison en "stan", sinon, on n'y arrive plus) venait de s'ouvrir.

Tout est dit

On y passera une soirée et une nuit dans un Air Bnb aux accents locaux : un grand et beau chalet de montagne, avec des pièces sombres et des draps humides. L'hôte est sympa et il ne semble manquer de rien : il a fait construire une piscine naturelle, mis un lit à baldaquin dans son jardin et une extension de son chalet abrite un vrai bar perso en face duquel il a deux saunas. On trouve, négligemment jetés dans un coin, des vielles raquettes de badminton, une chicha avec 6 embouts et des lunettes de réalité virtuelle. On sent le gars qui sait vivre... et qui en a les moyens.

Le Lichtenstein, presque en entier

C'est le second effet marquant de ce minuscule pays (20 km sur 8 en gros) : outre qu'il présente une visage charmant d'alpage parfait, il est habité par des gens qui ont clairement un pouvoir d'achat très élevé. Ici, pas d'immeubles cage à lapins, que des maisons individuelles. Pas de motocyclette pétaradant dans les rues, que des berlines et des 4x4 avec un taux de voiture aisées de 60 % (estimation à la volée, depuis le resto très cher aussi). Et le concessionnaire champion est incontestablement Audi : nous n'avions jamais vu autant d'anneaux entremêlés défiler devant nous, si ce n'est durant les JO.  

Alors on pourrait avoir un rejet, un peu comme si des ch'tis débarquaient à Monaco. Mais on reste séduits devant le château qui abrite la famille princière et qui est tout en simplicité (pour un château princier), par la taille minuscule de Vaduz (3 500 habitants) et par la quiétude que les lieux nous inspirent. Traverser l'Europe, fendre les foules estivales sos des chaleurs de plomb et arriver au Lichtenstein pour s'y pauser, c'était finalement une très bonne idée.

 

Le château princier

Twins dab

On quitte ce petit paradis argenté le lendemain matin pour notre dernière journée en famille. On file vers l'Autriche, mais le GPS nous tire vers la Suisse. Je cède au GPS et on franchit donc la frontière suisse, non prévue. Le douanier, qui parle 4 langues au moins, me demande si j'ai du tabac ou de l'alcool à déclarer. Je pense rapidement à notre valise rouge emplie des apéros et digestifs que les déménageurs n'ont pas pris. On y a ajouté une bouteille de rouge de Slovénie offerte par les potos, et quelques autres glanées le long de la route. Au bas mot 20 boutanches. Je réponds : "rien". Le douanier est content et nous laisse passer. 

Ferme suisse

On file vers Constance où nous aurons un déjeuner sur les rives du Lac : sublime. On poursuit vers la forêt noire et sa route sinueuse avec des camions. Sandrine regarde dans les sous-bois, histoire de voir si Hansel ou Gretel ne vont pas pointer le bout de leur nez. On débouche finalement dans la plaine d'Alsace et on traverse le Rhin, à rebours des fiers Dragons de Noailles, pour rejoindre les faubourgs strasbourgeois. Les gros nuages qui menaçaient depuis une heure déjà lâchent leurs premières gouttes. Nous avons à peine le temps de sortir les valises. La pluie tombe. Bienvenue en France.

Restaurant Riva