On se promène comme ça depuis quelques jours, tranquillement, de la côte bulgare à l'arrière-pays roumain, cherchant quelques détails sympas pour saler ces petits billets écrits au gré de l'inspiration, qui varie avec la chaleur, la dose de kilomètres de la journée ou l'heure à laquelle je me décide à me connecter. 

Et puis soudain surgit la capitale du Magyaristan, posée au bout de la plaine, deux heures d'autoroute après la frontière. On entre dedans facilement, toutes les rues convergenat vers le coeur palpitant de ce qui constitue notre première claque du voyage : Budapest.

Autoroute vide

Finies les villes post-soviétiques ou les stations balnéaires à la petite semaine, finies les montagnes à vache et les lacs gnan-gnan au petit matin : nous voici entrés dans le dur. De longues allées tracées au cordeau alignent les bâtiments de type haussmanien ; elles sont entrecoupées dans le quartier juif où nous résidons d'une multitude de petits passages, qui chacun abrite une ribambelle de bars branchés et de restos à thème. Ca circule pas mal en journée, ça grouille le soir, dans une animation rendue encore plus aisée par les températures qui sont redevenues supportables (22°C le matin). On parle toutes les langues, on mange tous les plats, on boit toutes les bières : ça décoiffe.

Et puis vient le Danube. Avec ce fleuve, on sent qu'une hsitoire d'eau va s'écrire...

Pont du Danube

Le Danube

En quelques minutes de ballade, le temps de récupérer quelques Forint locaux (1 000 pour 3 euros, quand même!) et un pass touristique, on tombe sur l'opéra central, superbe, sur plusieurs synagogues où les gens font la queue pour la visite et on égrenne les restos sympas, comme celui qui est spécialisé dans le Hummus.

Une synagogue

Aure face

Spéciale Salomé

C'est dans un resto magyar que l'on décide cependant de faire notre premier dîner : goulash bien sûr et vin rouge hongrois, qui font un excellent assortiment. On a déjà oublié les patates et le lard du Roumanistan. 

Histoire de s'ouvrir l'appétit, on avait commencé notre découverte de la ville par un grand classique : les thermes de Budapest. Et pas n'importre lesquels Monsieur, les thermes de l'hôtel Gellert. Deux heures et demie à passer d'un bassin à 36°C vers un autre à 38°C, à se glisser sous le jet d'eau chaude et à plonger dans la piscine froide entre deux. La différence avec nos formules françaises? Un cadre tout en mosaïques du style Belle époque, réhaussées par des verrières ajourées au plafond ; une piscine centrale entourée de colonnes ; des fontaines sculptées dont la forme a changé avec le temps, du fait du calcaire qui s'est accumulé au niveau du déversoir. On adore le style et l'atmosphère toute en savoir vivre, même si la majorité des baigneurs est faite de touristes étrangers. 

 

Hall des thermes

Hall des thermes

 

Seul bémol, le peti kapo qui nous sort de la piscine centrale par trois coups de sifflets, chaque fois plus tendus. Il montre du doigt, sans un mot, l'escalier de sortie. On rebrousse donc chemin, pour se voir faire la leçon, toujours en mode Charlie Chaplin, devant le bassin : notre bonhomme pointe du doigt un panneau qui indique qu'il faut un bonnet pour se baigner dans cette piscine, puis il baisse les deux bras, paumes ouvertes vers le ciel, histoire de dire "Alors, j'avais pas raison de vous siffer comme des morveux?".

On vient de faire deux heures de trempette dans tous les bassins des thermes, sans le moindre bonnet de bain et il faut qu'un semi-nazi vienne nous gâcher le plaisir de ses coups de menton ridicules! Il se prendrait pas pour un Allemand le petit magyar? Il doit penser que c'est un titre de gloire que le petit moustachu soit né en son temps dans ce qui était l'Autriche-Hongrie. 

Bon, malgré tout le mépris que son attitude nous inspire, on se rabat sur un autre bassin sulfureux à 35°C : il a de la chance que ce soit lui qui ait le sifflet, quand même! Et puis, on se rend compte une heure après qu'en fait, c'est une tradition magyare que de parler via des regards courroucés et de donner des ordres en sifflant, puisque les soigneuses sifflent la fin de la récré à 19h45, pour nous laisser 15 minutes pour quitter les lieux. On sort les derniers du bassin, histoire de leur faire comprendre que leur copain d'1m12 ne nous a pas fait si peur que ça, et on rejoint les cabines pour se changer. On va finir par croire qu'ils ont un léger côté rigide les Magyar! On espère que nos visites de demain se feront dans un esprit moins carcéral...