La descente vers la plaine de Sibiu

A part Sandrine, on passe une nuit bien mauvaise dans la petite pension de Micutul Vrajitor (ne me demandez pas si c'est le nom du patron ou une incantation contre les vampires, je n'en sais rien) : la faute à un voisin qui s'est couché tard et bourré et qui s'est levé plusieurs fois la nuit, soit pour se vider la vessie, soit pour s'aérer le cerveau, soit juste pour bailler très fort, ce qui a entraîné un cri (réaction inhabituelle) de Salomé, exaspérée, au milieu de la nuit : "si tu bailles, va dormir!".

Nous étions donc dans les conditions idéales pour nous lever avant les laudes et aller admirer les premières lueurs du jour sur le lac Vidraru, en plein coeur des Alpes de Transylvanie. Une heure douce, passée avec les filles qui savent que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Une heure à 20°C aussi, qui nous repose bien des chaleurs passées et nous revigore avant celles à venir.

Le monde appartient...

Aurore resplendissante

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On prend ensuite la route qui longe le lac, submergée par les arbres dont la densité assez extraordinaire nous cache beaucoup d'une vue que nous devinons superbe. Puis on s'élève au-dessus de 1 500 mètres d'altitude et les arbres disparaissent. On découvre alors deux vallées majestueuses, sur les flancs Sud puis Nord du massif, et on comprend tout l'intérêt de cette route. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls, puisque de part et d'autre du tunnel sommital, on se retrouve embouteillés, ce qui nous laisse le temps de constater une nouvelle fois l'amour des Roumains pour la charcuterie...

 

Cirque au Sud

Au sommet, marchands de cochonnailles

 

Il faut ajouter, pour ce qui concerne le volet gastronomique, que nous avons un peu le sentiment que la cuisine roumanistanaise tourne autour de trois axes : la saucisse, le cochon en général et la bière. Moi qui ai cherché dans l'année passée à rééquilibrer mon alimentation : "Roumanistan m'a tuer". Je résiste quand même un peu et je réussi le soir même, une fois arrivés à Sibiu, à emmener tout le monde manger dans un excellent resto indien, puis le lendemain à Timisoara, dans un délicieux viêt le midi et un excellent italien le soir. Devant les remontrances de ma femme qui me serine que nous devons manger local, je rétorque que nous mangeons "comme les locaux" : à Rome, fait comme les Romains...

Je vais passer assez vite sur Sibiu et Timisoara, que les circonstances ne nous ont pas permis de bien apprécier. A Sibiu, se déroulait un festival de culture germanique qui attire des milliers d'Allemands, entre autres individus étranges, et la place centrale était couverte de bancs qui nous ont fait penser que nous assistions à l'Oktoberfest.

 

La classe

 

 

C'est pas qu'on soit contre une petite bière, mais là, ça ne collait pas trop avec nos attentes. D'autant que la seconde raison de notre retenue, c'est la météo : 35 à 38°C à Sibiu, 40°C à Timisoara, sans un souffle de vent : nous sommes bien au centre du continent et c'est rude pour les corps. Nous avons donc passé notre temps à chercher un "bar avec clim" pour y récupérer des 100m que nous venions de faire depuis le bar précédent. Les repas au resto, absolumment excellents dans les deux villes, se transforment en cuisson à l'étuvée, mais plus pour nous que pour les aliments. 

C'est dans ces circonstances parfois, que la foi vous revient. Ainsi de Sandrine et Morgane, qui ont répondu à un irrésistible appel spirituel qui les a menéés sur les bancs (frais) de la cathédrale, pour se recueillir. Les voies pour accéder au Seigneur sont toutes bonnes...

 

Cathédrale évangélique

En prière?

 

 

Pendant ce temps, je déniche dans la partie arrière de la cathédrale évangélique une belle galerie funéraire, avec comme souvent quelques pierres tombales qui sortent de l'ordinaire, comme celle-ci, dont le crâne central est tout à fait morbide. 

 

Le sens du détail

 

Ce sera note seule concession (intéressée) à la culture locale.

 

On va donc laisser les carpates et le pays de Vlad Tepes avec le plaisir d'avoir rencontré nombre d'habitants très sympathiques, souvent excellents francophones et partageant un goût pour la bonne chère qui nous rappelle nos racines. Une destination étonnnante, pour nous qui ne connaissions ces gens qu'à travers les faits divers en France.

 

Direction le Magyaristan...

 

Réflexions de haute volée :

Sandrine, avant d'entrer dans la cathédrale : "J'ai toujours cru en Dieu, surtout à 40°C"