Réveil tardif, PDJ un peu long et échec de la visite au Palatul Primaverii (le palais de printemps des Ceaucescu, dont vous aurez compris qu'ils nous obsèdent), parce que nous n'avions pas réservé le bon créneau à l'avance... La journée sent la défaite. Elle est juste sauvée à ce stade par la visite d'un petit monastère en plein centre de Bucarest : le Stavreopelos. Un bijou dont seules les photos pourront témoigner.

Stavreopelos

Stavreopelos

Stavreopelos

Cloître de Stavreopelos

On fonce quand même au Nord de Bucarest, pour visiter le monastère de Snagov, réputé héberger les derniers restes de Vlad Tepes. Les derniers restes car il a été décapité et sa tête envoyée sécher sur un pal devant la Sublime Porte, contre laquelle il s'était rebellé. Réputé, car les seuls ossements trouvés sur place et analysés étaient ceux de chevaux : à moins de considérer que l'inspirateur de Dracula ("le petit dragon" en Roumanistanais) était un centaure, il est peu probable que ce monastère soit réellement sa sépulture. Peu importe pour nous ; parfois la force des mythes dépasse celle de la réalité.

Je choisis donc, avec l'aide d'un GPS capricieux une route d'accès qui existe peu et qui nous fait traverser une forêt aux airs quasi-enchantés. De la Transylvanie à Brocéliande, il n'y a qu'un pas que la magie a vite fait de nous faire franchir. Malgré le scepticisme très perceptible à bord de la voiture, nous débouchons juste en face de la passerelle qui mène à la sépulture de celui que la postérité a gardé sous le doux sobriquet de Vlad l'Empaleur. Il paraît, toujours la légende, qu'il n'empalait que les aristocrates et qu'il se préoccupait du sort des plus pauvres. Ben voyons! C'est comme si dans cinquante ans Wikitechnosophos (le futur remplaçant de Wikipédia qui naîtra dans trente ans) nous apprenait que Donald Trump distribuait en 2020 ses gains financiers aux pupilles de la nation... 

Le fait est que nous traversons sur cette passerelle le bras de lac qui nous sépare de l'île sur laquelle le monastère est préservé, dans une nature toujours très verte, malgré un soleil d'été qui écrase nos mouvements. On visite le monastère orthodoxe (44.729480, 26.175806 pour les plus curieux), dont les murs peints sont absolument superbes, on glisse une dent de Salomé dans un repli de béton au fond de la soléa, contre le mur Sud et on sort profiter du ponton pour saisir nos filles dans leur délire quotidien.

Arrivée sur l'île

Monastère de Snagov

Intérieur de Snagov

Dôme de Snagov

Twins Dab

Après avoir joué avec la solennité du monastère pour y poser notre obole dentaire, je décide de continuer dans la voie de l'impertinence en apprenant aux filles à marcher au pas cadencé, sur l'air de "Loin de chez nous, en Afrique". Ca pourra toujours leur servir... 

Loin de chez nous, en Transylvanie

Un jeune Roumanistanais plonge dans le lac

On retrouve notre sérieux en rejoignant le périphérique de la capitale, puis on oblique vers le Nord-ouest pour attraper la route Transfagaras, qui va nous permettre, en deux temps, d'enjamber les Carpates du Sud au Nord. On entre clairement dans le coeur de l'Europe et c'est étonnant de voir, juste avant les petits contreforts montagneux, combien les paysages de la plaine du Danube s'apparentent à ceux du Sud-ouest français : des champs de maïs (un peu) et de tournesol (beaucoup), des jolies forêts des tailles variées et des villages plutôt mignons. En pénétrant plus haut dans la vallée, il me semble même retrouver le visage familier de la vallée des Eaux-bonnes, tant de fois empruntée pour rejoindre les stations de ski.

 

On stoppe dans la seule pension qui avait encore une place libre hier au soir dans toute la vallée, après avoir quitté une chenille continue de voiture qui emprunte la même route, mais avec une certaine fluidité. Nul doute que la Tranfagaras, c'est un hit du Roumanistan! La pension nous régale de quelques plats locaux vraiments bons, accompagnés d'une boule de polenta qui trempe dans la sauce. On aime bien et vu le regard de Draculdog, tel que nous avons baptisé le chien de la pension, il doit aussi aimer.

Draculdog

 

 

Réfexions de haute volée :

Salomé, alors que nous évoquons la vision des parents par les enfants : "Ma maman, elle a toujours été vieille"

 

Sandrine qui évoque le couchage du soir : "J'aime bien les pensions"

Moi, dans une réponse élégante : "Cela tombe bien ; tu y finiras tes jours"

 

Morgane, assise dans le monastère de Snagov, un rayon de lumière sur les jambes : "J'ai la cuisse divine"

La cuisse divine