Le poyraz s'est levé depuis deux jours sur Istanbul. Le poyraz, c'est ce vent du Nord qui amène un air frais et chargé de nuages, dont on prononce le nom avec crainte en hiver, mais avec soulagement en été. Il s'est levé lundi, alors que nous nous apprêtions à quitter la maison pour de bon. Il a soulevé quelques vagues sur le Bosphore, généralement plus calme. Il les a drossées et elles sont venues s'écraser contre les jetées de béton d'où plongent les baigneurs d'été. Nous, nous étions sur la terrasse de l'hôtel, de là où les grands ont le privilège de voir les catastrophes.

La baie de Tarabya, sous le poyraz

Selfie miroir

 

 

Et puis nous sommes partis. Un dernier stop pour voir l'agent immobilier pour réparer un oubli. Et puis nous sommes partis encore. Un autre arrêt pour regonfler les pneus. Et puis nous sommes partis de nouveau. Un bouchon dans Istanbul du fait d'un camion tombé en panne. Et puis nous sommes partis vraiment, enfin.

Le poyraz nous y a aidé, de ses bourrasques amicales, il a poussé la voiture sur l'autoroute, tantôt dans le dos, tantôt de guinguois, comme un copain qui vous donne une bourrade dans l'épaule en vous disant que ça va aller et qu'il faut avancer. 

Une autoroute qui se vide, les kilomètres qui défilent, puis avant Edirne un panneau indique la frontière au Nord et nous bifurquons vers Malko Ternovo. Le poste frontière est peu fréquenté : deux cars de touristes, un van de globe-trotters britanniques et quelques voitures. Il nous faut quand même près de trente minutes pour passer la police turque, puis les douanes turques, puis deux cahutes avec des policiers qui nous font signe de continuer, puis les douanes bulgares (on paye 5 euros, mais on ne sait pas ce qu'on paie...) puis les policiers bulgares, puis encore les douanes bulgares. Pour ce dernier contrôle, les plaques diplomatiques nous aident bien, puisque le gars bougonne dans une langue bizarre ce que je prends pour un "c'est bon". Accélération, descente d'une belle route en pleine forêt, un horizon qui se dessine en vert et bleu : il ne manquait que les cigognes pour nous rappeler que nous étions de retour, trois ans après, au Bulgaristan!

Le passage de Malko Ternovo

Cigognes bulgares

Sur un air de Dub Inc (Dj Morgane, bien sûr), les filles entonnent la chanson que nous avons préparée pour remonter le moral de Sandrine : on y dresse toutes les activités géniales qu'elle va pouvoir de nouveau faire à Paris et dont Istanbul l'avait privée, comme manger de la soupe au potimaron ou se gaver de chocolats Patrick Roger (oui, on sait, c'est assez inégal...). L'air entraînant des filles et les paroles choisies effacent rapidement les larmes qui embuaient les yeux de Sandrine. Nous avalons l'asphalte. Nous arrivons à Burgas. La déco de l'hôtel permet à Morgane de jouer Cartapus : "Tu me vois, tu me vois plus!". Le cèdre est sauvé pour ue nuit. Les filles se jettent à la plage. 

 

 

Cartapus

LE cèdre

On the road again !

Un peu de Turquie emportée

En mode détente